Tchape

INTERVENTION DE TCHAD AGIR POUR L’ENVIRONNEMENT (TCHAPE) 18 AOUT 2006


Sous-commission de la promotion et de la protection des droits de l'homme, 58ème session (7 - 25 août 2006)

Monsieur le Président,
Dans les pays du Sud, 90% de la population utilise le bois de chauffe pour ses besoins énergétiques, cette utilisation est une des causes de l’avancement de la désertification dans certains pays qui jadis étaient très boisés. Une autre réalité est le manque de perspectives d’emploi particulièrement pour les jeunes, d’où l’attrait de l’émigration vers le Nord, avec plus d’un aspect trompeur. Ce mouvement d’émigration saigne nos pays subsahariens et nous prive de notre jeunesse, laquelle, par la suite, nous fait défaut pour notre propre développement.

Nous avons été enchantés de constater lors de notre participation à la conférence sur le développement durable à New York, qui s’est tenue du 9 au 19 mai 2006, que la promotion de l’énergie solaire est soutenue par la Banque Mondiale. Nous pensons qu’un appui à un tel projet devrait être partie prenante de toutes les initiatives de développement. Ainsi, chaque projet devrait être accompagné d’un volet de promotion d’énergie solaire, ceci afin de soulager les forêts dans les pays du Sud mais aussi pour la sauvegarde de notre planète, telle qu’envisagée initialement par l’Agenda 21.
Demande de réflexion :
Nous demandons à la sous-commission de réfléchir sur la problématique énergétique ainsi que sur la nouvelle dimension des mouvements migratoires. A ce propos, nous nous référons entre autres au point 2 de la déclaration du rapporteur de la sous-commission des droits de l’homme, Monsieur Guissé. En outre, nous demandons que les Etats encouragent l’investissement et la promotion des énergies nouvelles et renouvelables, car c’est un investissement pour l’avenir de l’humanité.
Lors de notre voyage en Espagne pour visiter les camps de travailleurs immigrés africains travaillant dans les serres maraîchères, nous avons constaté la détresse des jeunes africains entassés dans de petites cabanes faites de toile de plastique et soumises à des vents très violents, avec tous les risques que cela comporte, lorsque simplement ils préparent leur repas.
Nous insistons sur cet exemple car nous pensons qu’il est prioritaire de trouver des solutions humaines et sociales afin d’éviter l’exode de cette population, très jeune et sans expérience. Sans cela, le risque est grand de voir se multiplier camps de rétention et murs de protection en Europe et dans les pays limitrophes. Cela s’accompagnera d’un renforcement de mesures policières prétendument dissuasives. Et les causes véritables de l’émigration resteront dans l’ombre.
Lors de notre visite en Espagne, sur l’ensemble des travailleurs africains présents, seuls deux jeunes Maliens sont sortis de leur camp pour discuter avec nous. Les autres sont restés dans leurs cabanes, car ils avaient peur de la police.
Les membres du syndicat agricole espagnol SOC nous ont expliqué que les patrons maraîchers mettent en concurrence des travailleurs africains et des travailleurs venant des pays de l’Est. Cela leur permet d’exercer une pression sur les salaires. Le salaire journalier minimum de 26€, obtenu grâce à la pression internationale, n’est que rarement respecté.
La présence d’organisations syndicales et de défense des droits de l’homme venues de Suisse, telles que le SIT, l’Autre Syndicat, UNIA,le ForumCivique Européen et notre ONG TCHAPE ainsi que des organisations françaises (Confédération paysanne, ATTAC Méditerranée etc.) et hollandaises, a permis de rendre visible le large soutien aux travailleurs et travailleuses agricoles d’origine africaine. Les échanges que nous avons eus à cette occasion ont montré que la défense des droits des migrant-e-s et celle des droits des travailleurs et travailleuses se rejoignaient. Cet exemple montre que nous devons faire face aujourd’hui à de vrais problèmes sociaux et écologiques mondialisés.
Je vous remercie Monsieur le Président.
Submit to Facebook

AUTRES
MUSIQUE AUDIO

PopUp MP3 Player (New Window)
PUBLICITÉ