Rapport d'activité de l'ONG Tchape 2014

2014 a été une année marquée par des multiples actions aussi bien sur les questions relatives au respect des droits de l’homme que celles de la protection de l’environnement. Ce travail a été rendu possible grâce au soutien actif des membres et sympathisants de Tchad Agir pour l’Environnement (TCHAPE) ainsi que de celui de nos différents partenaires que nous tenons à exprimer ici toute notre gratitude.

Durant l’année 2014, l’accent a été mis sur les campagnes de sensibilisation, d’information et de mobilisation en faveur des populations victimes des atrocités et des violences les plus abjectes sur le continent africain suite à des conflits armés et/ou inter-communautaires. Cette situation dramatique montre la gravité du problème et nécessite beaucoup d’investissements humains et matériels. De ce point de vue, nos différentes interventions au niveau du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et dans d’autres foras internationaux inclues dans le présent rapport montrent bien la nécessité d’une action rapide et d’envergure pour éradiquer le fléau.

Aussi, un accent particulier a été mis sur la problématique environnementale qui guette la survie même de nombreuses populations tchadiennes. Noua avons là aussi mobilisé et sensibilisé les divers acteurs sur comment faire pour stopper la dégradation de l’environnement. Notre équipe au Tchad a effectué des missions sur le terrain pour non seulement porter ce message du respect et de la protection de l’environnement mais aussi et surtout conscientiser les populations sur la nécessité de veiller elles-mêmes à cette protection, car il y va de leur survie.

Conseil des droits de l’homme déclaration de TCHAPE sur la situation au Tchad le 20 mars à l’UPR
 
1.  Nous saluons la présence de la délégation du Tchad conduite par le ministre en charges des droits de l’homme. Cette présence démontre la volonté du Tchad de mettre la question des droits humains au centre des préoccupations nationales. Egalement, nous tenons à saluer l’intervention de l’armée tchadienne en RCA qui a permis de sauver de la barbarie, des milliers des vies humaines sans distinction de sexe, d’âge et de nationalité. Si cette action d’envergure n’a pas été menée par l’armée tchadienne, on s’exposerait à un génocide semblable à celui du Rwanda.
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Cette intervention de l’armée tchadienne a permis aussi de rapatrier des milliers de personnes dans leurs pays d’origine en étroite collaboration avec l’organisation internationale pour les Migrations (OIM).

2.  L’appui de la communauté internationale s’avère indispensable pour accompagner ces personnes qui ont tout perdu, tout abandonné en RCA, de s’insérer dans la vie active et réapprendre à vivre tout simplement, en dépit des horreurs, des douleurs physiques et psychologiques qu’elles ont subi en RCA.

3.  Par ailleurs, nous demandons la poursuite judiciaire de toute personne impliquée dans les violations des droits de l’homme et de représailles en République centrafricaine. Les victimes doivent pouvoir obtenir justice et réparation.

4.  Nous encourageons le gouvernement du Tchad de continuer à consolider la politique de protection et de sensibilisation sur le respect des droits de l’homme ainsi que l’implication soutenue de tous les acteurs de la société civile tchadienne.

5.  Enfin, Nous lançons un appel à la Communauté internationale d’accompagner le Tchad dans la mise en place d’un plan de reboisement dans les zones des réfugiés, car si rien n’est fait, il y a un risque de se retrouver dans un déboisement avancé, comme ce qui s’est passé dans les camps des réfugiés à l’Est du Tchad. Merci Monsieur le président.

Conseil des droits de l’homme 25eme Session, situation en Égypte, mars 2014  

Demande libération des journalistes d’Al-Jazeera, incarcérés arbitrairement en Égypte.
L’Égypte se trouve actuellement dans une situation extrêmement difficile. Aussi, nous soutenons la déclaration des 27 pays faisant état à d’importants manquements aux droits de l’homme en Égypte.

Cette situation risque de s’envenimer si le respect de la dignité humaine continue d’être bafoué comme c’est le cas aujourd’hui en Égypte. La  vague des violations flagrantes des droits de l’homme dans ce pays, appelle la Communauté internationale à une action urgente pour arrêter ces violations massives des droits de la personne humaine. Il est fondamental de faire comprendre aux autorités égyptiennes le respect du droit international relatif aux droits de l’homme auquel l’Égypte a souscrit.

Plus inquiétant encore, des journalistes ont été arrêtés arbitrairement ; notamment des journalistes de la télévision Al-Jazeera : Peter Greste, Mohamed Fahmy, et Baher Mohamed au motif simplement de faire leur travail professionnel dans le respect des règles de la déontologie journalistique. Ainsi, ces journalistes d’Al-Jazeera ont été jetés en prison et se sont plaints d’avoir subi des traitements humiliants et dégradants en détention.
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Nous condamnons ces arrestations arbitraires et dénonçons la poursuite de la violation des libertés fondamentales. Aussi, nous demandons aux autorités égyptiennes la libération des journalistes d’Al-Jazeera et de toutes les personnes arrêtées arbitrairement depuis le coup d’Etat de 03 juillet 2013. L’Égypte ne sortira pas grandi si le respect du pluralisme n’est pas à l’ordre du jour et si une véritable réconciliation nationale n’est engagée entre les différentes composantes de la population égyptienne. Pour que cette approche devienne une réalité, il importe d’engager un dialogue national inclusif  en associant tous les égyptiens au processus politique.

voir vidèo https://www.youtube.com/watch?v=2fc7ZaJX_fg

Je vous remercie Monsieur le Président

Conseil des droits de l’homme 25eme Session, commerce illégal d’espèces menacées, mars 2014
Déclaration de TCHAPE faite le 14 mars 2014, au point 3 sur la question de l’Environnement

Mesdames et Messieurs.

La question de la protection de l’environnement est au centre des discussions dans les instances internationales et au sein même des États.
La récente Conférence tenue à Londres au mois de février dernier, pour mettre fin au trafic d’animaux menacés, est une référence importante dans la lutte contre le commerce illégal d’espèces menacées. C’est pourquoi, nous tenons à rendre hommage et à féliciter le gouvernement Britannique, les princes Charles et William pour cette excellente initiative face à la montée inquiétante du braconnage qui met en danger l’existence même de certains animaux tels que : les éléphants, les rhinocéros, les tigres les léopards et panthères etc.  
 
2.    De même, nous félicitons les Présidents du Tchad et du Gabon pour avoir accordé une priorité à la lutte multiforme contre le braconnage et la mise en place d’un plan d’action en faveur des éléphants. La destruction importante du stock d’ivoire lors du cinquantenaire du Parc national de Zakouma est un signal fort que le gouvernement du Tchad envoi à l’opinion nationale et internationale dans la lutte sans merci contre le braconnage et pour la préservation de la nature. L’appui de la Communauté internationale s’avère indispensable pour accompagner le Tchad dans cette lutte. 
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3.    Il convient de rappeler que sur la base des expériences et des multiples missions que nous avons effectuées sur le terrain, il apparaît clairement que la lutte anti-braconnage passe nécessairement par la lutte contre la pauvreté. Les personnes qui s’adonnent à ce trafic sont généralement des personnes sans ressources, extrêmement pauvres et fragiles, utilisées par des réseaux criminels pour les besoins de la cause. Il est donc fondamental de s’attaquer à la racine du mal en assurant à ces personnes pauvres une autosuffisance alimentaire. Ce faisant, ces personnes deviennent des alliés sûrs et efficaces dans la lutte contre le trafic illégal d’espèces menacées. Nous encourageons tous les acteurs concernés à multiplier et intensifier leurs efforts tendant vers l’autosuffisance alimentaire.

4. Aussi, nous encourageons le gouvernement du Tchad de continuer à consolider sa politique d’autosuffisance alimentaire considérée comme étant la priorité nationale. C’est une politique qui va contribuer incontestablement à la préservation de la biodiversité animale et végétale. La préservation de l’environnement et de son équilibre, passe véritablement par l’implication soutenue de tous les acteurs,

Merci Monsieur le président. Genève le 27 septembre 2014      

Demande d'appui pour une 2ème conférence des bailleurs de fonds en faveur des réfugiés et rapatriés de la RCA.   

A l'attention de son Excellence

Mr le Secrétaire Général des Nations Unies et les membres du Conseil de Sécurité,
Excellence Monsieur le secrétaire général et les membres du conseil de sécurité,

Nous tenons tout d’abord à saluer et exprimer nos vifs remerciements aux États Unis d’Amérique pour l’octroi des équipements et matériels importants à l’armée tchadienne en lutte contre les terroristes dans le sahel.

Aussi, nous tenons à saluer et à féliciter le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon et toute son équipe pour l’énorme travail accompli quant à la consolidation de la paix et de l’État de droit dans le monde.

Excellence Monsieur le Secrétaire général et les membres du conseil de sécurité ;
Nous vous prions de consacrer quelques moments de votre précieux temps à ces quelques mots, que nous nous permettons de vous adresser.
Nous représentons une ONG à but non lucratif, dénommée « Tchad Agir Pour l'Environnement (TCHAPE) », dont le siège est à Genève. Cette ONG est reconnue par le gouvernement du Tchad et est dotée du statut consultatif spécial, par le Conseil Économique et Social des Nations-Unies. Nous faisons également partie actuellement, de la structure mise en place par le gouvernement du Tchad, dans le Comité en charge du recensement  des réfugiés de la Centrafrique et des rapatriés tchadiens. Dans ce cadre, nous avons constaté que la conférence des bailleurs de fonds pour la collecte des fonds destinés aux rapatriés et réfugiés de la République centrafricaine (RCA) n'a pas du tout été à la hauteur des enjeux.

L'Etat tchadien fait face actuellement à un déficit budgétaire colossal suite à l'arrivée massive de réfugiés de la RCA, de rapatriés tchadiens et de la lutte contre le terrorisme des djihadistes au Nord et celle de Boko Haram à l'Ouest. Le budget de l'État sérieusement mis à mal par les événements imprévus cités plus haut, est à l'origine d'un resserrement profond du gouvernement et d'une profonde restructuration dans l'administration du territoire, avec la suppression de plusieurs postes de responsabilité.

C'est pourquoi, nous sollicitons votre haute autorité afin d'appuyer le gouvernement du Tchad, qui déploie d'énormes efforts et sacrifices pour la sécurité continentale et mondiale, pour faire face à cette situation extraordinairement difficile décrite plus haut. Avec votre appui, l'organisation d'une seconde conférence des bailleurs de fond, destinée aux refugiés et rapatriés tchadiens de la RCA, s'avère indispensable.

Aussi, la situation des rapatriés tchadiens et réfugiés étrangers qui ont fui la RCA vers le Tchad demeure très préoccupante. Dans ce cadre, nous avons effectué plusieurs missions sur le terrain, afin d'évaluer la situation. Nous avons constaté malheureusement, que la situation sanitaire et environnementale, est très préoccupante et nécessite une action d'envergure.

Depuis fin Décembre 2013, plus de 200 000 rapatriés tchadiens, ressortissants centrafricains et autres étrangers (Maliens et Soudanais entre autres), le plus souvent démunis, sont arrivés au Tchad depuis la RCA, en majorité des femmes, des enfants, des personnes âgées et des enfants non accompagnés. Ces populations ont été accueillies dans les grandes villes du Sud du Tchad principalement - N'Djamena la capitale, Moundou, Sarh, Doba, Am-Timan et surtout Sido, à la frontière avec la RCA.

Dans les camps de fortune et abris sommaires, la situation devient de plus en plus précaire et la détresse des populations se lit sur leurs visages. L'accessibilité à l'eau potable devient extrêmement difficile et le taux de mortalité des enfants ne cesse d'augmenter. Ce manque criant d'eau potable ainsi que les conditions sanitaires et d'hygiène précaires sont très préoccupants dans les camps de fortune installés pour ces populations. À titre d'exemple, un comprimé dans un verre d'eau suffit à soigner les maladies diarrhéiques dans un pays développé, alors qu'au Tchad, elles sont la première cause de mortalité infantile en raison de l'insalubrité de l'eau.

Les réfugiés et les rapatriés sont confrontés à de nombreux problèmes dont les plus épineux sont la pauvreté extrême, la détérioration continue du niveau de vie, l'analphabétisme, les maladies, l'accès difficile aux médicaments et aux services de santé, l'insuffisance de nourriture et de revenus, la précarité de l'habitat et la promiscuité… ce qui provoque des malnutritions sévères, ainsi qu'une augmentation des maladies à potentiel épidémique comme les diarrhées et les infections respiratoires. La morbidité et la mortalité y sont préoccupantes. On constate également une dégradation progressive de l'environnement, sur fond d'accroissement de la vulnérabilité socio-économique de la population locale, ainsi qu'une pénurie d'infrastructures et de services sociaux de base.

Il est donc important de mettre en place des structures spécifiques permettant l'accès aux soins de santé des populations vulnérables et démunies, l'amélioration de leurs conditions de vie et la préservation de l'environnement.

En conclusion nous demandons que les réfugiés et rapatriés tchadiens de la RCA, qui étaient à l'origine des commerçants, soient indemnisés afin qu'ils retrouvent une activité semblable à celle qu'ils exerçaient.

C'est pour cette raison humanitaire que nous vous demandons, de bien vouloir répondre favorablement à cette requête, afin de faire face à ce danger qui menace la vie de ces populations en détresse, seule votre intervention pouvant stopper ce phénomène.

Ayant confiance en votre bienveillance, nous vous prions d'agréer, Excellence Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies et les membres du Conseil de Sécurité, l'assurance de notre haute considération.  

En conclusion

2014 a été une année ou les actions en faveur du respect des droits de l’homme et de la protection de l’environnement étaient au cœur de nos activités. Nous allons non seulement renforcer et amplifier ces actions durant l’année 2015 mais aussi prendre des nouvelles initiatives pour redynamiser et mobiliser les différents acteurs afin de réduire considérablement les conséquences néfastes du non respect des droits de l’homme et de la dégradation de l’environnement. Les défis à relever sont immenses mais notre détermination à cet ferme engagement l’est autant. 

Le Président      

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