Sommet de la FAO: les petits paysans du monde repartent en colère

Les représentants des petits paysans et des pêcheurs qui organisaient à Rome une manifestation parallèle à la réunion de l'Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture estiment que la déclaration finale les "enverra droit dans le mur"

Manifestation de la Via Campesina, lundi, devant le siège de la FAO. ReutersManifestation de la Via Campesina, lundi, devant le siège de la FAO. Reuters.

















Les petits producteurs sont repartis de Rome en colère et déçus des résultats du sommet de la FAO sur la crise alimentaire, estimant avoir été "marginalisés" et "exclus" des débats comme des décisions qui ne peuvent que les envoyer "droit dans le mur".
"La déclaration finale ne va pas remplir les assiettes", a résumé aujourd'hui lors d'une conférence de presse à la FAO Maryam Rahmanian, de l'ONG iranienne Cenesta qui opère dans le domaine agricole et rural.

Une centaine de représentants d'ONG, d'organisations de pêcheurs et d'agriculteurs ainsi que de représentants de la société civile et des populations indigènes avaient organisé en marge du sommet de la FAO sur la crise alimentaire une conférence parallèle de quatre jours baptisée "Terra Preta" (terre noire en portugais).

Ayant eu connaissance du projet de déclaration finale des 193 pays membres de la FAO - qui devrait être présentée à la presse jeudi en fin de journée - les organisateurs de ce sommet parallèle ont fait état de leur colère et de leur déception de ne pas avoir été "écoutés".

"Les petits producteurs ont été exclus de cette conférence et restent marginalisés alors qu'ils font partie de la solution. Si on continue sur ce modèle on ira droit dans le mur", a critiqué Flavio Valente, un responsable de la FIAN, ONG internationale de lutte contre la faim.

Flavio Valente a déploré le fait que, selon ses informations, "la spéculation n'était même pas mentionnée dans la déclaration finale" du sommet, alors qu'elle est considérée comme un des facteurs responsables de l'augmentation de 53% du prix des denrées alimentaires au cours des 4 premiers mois de 2008.

"C'est un pas en arrière. En 2004, tous les états membres de la FAO avaient adopté des lignes directrices pour assurer le droit à la nourriture", a jugé Flavio Valente.

"Nos demandes pour plus de protection, plus de soutien pour les petites productions, des réformes agraires et des mesures concrètes pour lutter contre la spéculation financière ont été totalement ignorées par les gouvernants. On n'a pas écouté la voix des nécessiteux", a renchéri Herman Kumura, du Forum mondial des peuples pêcheurs.

"Je demande sans relâche la même chose. Les politiques préconisées n'ont pas donné de bons résultats et il y a de plus en plus de gens affamés. Nous ne voulons pas que les mêmes erreurs soient reproduites en 2008", a déclaré Henry Saradigh, un des principaux responsables de La Via campesina, organisation internationale de mouvements paysans.

"La solution est de donner plus de pouvoir et de possibilités de décision aux petits exploitants, car ce sont eux qui peuvent nous sortir de la pauvreté. Il faut les laisser produire pour le marché local. Nous demandons à la FAO de revoir ses programmes d'alimentation et d'arrêter la libéralisation des marchés agricoles", a-t-il souligné.

Dans leur liste de propositions, les organisateurs de ce sommet parallèle demandent notamment la mise en place d'une commission pour la "souveraineté" alimentaire, placée sous l'égide des Nations unies et qui serait constituée de représentants de gouvernements et d'organisations de pêcheurs et d'agriculteurs.

Ils réclament également la possibilité de "traduire en justice" tous ceux qui ont, selon eux, une responsabilité dans l'actuelle grave crise alimentaire

AFP, LIBERATION.FR

Tchad  Agir Pour l’Environnement (TCHAPE)           
Lausanne, 05 juin 08

Submit to Facebook

AUTRES
MUSIQUE AUDIO

PopUp MP3 Player (New Window)
PUBLICITÉ