SENSIBILISATION POUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT :

Introduction

Le Tchad est un pays sahélien et semi-désertique qui est confronté à un grave problème de désertifica­tion, qui touche en particulier les rives du lac Tchad.
Face à ce danger, il est nécessaire, voir indispensable, d’organiser toutes les forces disponibles pour aider les habitants du pays à s’opposer à cette avancée du désert.
Nous pensons modestement y contribuer par l’intermédiaire de notre association « Tchad - Agir pour l’Environnement », en bloquant entre autre l’avancée du désert par le reboisement. Pour ce faire, la parti­cipation de la population/du paysan à la gestion du projet est très souhaitée. Dans ce cas notre intention de créer des centres de formation villageois se justifie amplement.

1. Sensibilisation pour la protection de l’environnement

Un des principes du développement durable consiste à favoriser la concertation et les partenariats entre les pouvoirs locaux et la population. Une concertation permanente avec la population doit ainsi être re­cherchée pour faire avancer des solutions parta­gées sur les grandes questions environnementales.

Pour aider à la prise de conscience mais aussi à la prise de décision individuelle, il faut aussi que chacun bénéficie d’une meilleure information, d ‘une sensibilisation plus grande aux réalités, voire dans certains cas d’une éducation à certains enjeux de l’environnement visant à faire naître dès le plus jeune âge des aptitudes et des attitu­des responsables vis-à-vis de l’environnement.

Objectif de sensibilisation

Inculquer à l’ensemble des acteurs une connaissance réelle du milieu et des pro­blèmes de l’environnement.
Faire évoluer les habitudes et les réflexes acquis par la population et modifier le style de vie de celle-ci en favorisant le développement de nouvelles valeurs qui intègrent la notion du respect de l’environnement dans toute action humanitaire.
Sensibiliser les habitants à la protection de l’environnement.
Montrer comment chacun dans son travail peut contribuer à la préservation et à l’amélioration de l’environnement.

Engager un processus pour sensibiliser et responsabiliser le public à la problématique popula­tion/environnement. Il s’articule autour de deux (2) axes principaux.
Une sensibilisation en cascade visant les personnes et les groupes d’élus lo­caux (chef de canton, chef de village, chef de quartier), acteurs socioéconomiques, cadres administratifs et universitai­res, ONG.
Une régionalisation immédiate du projet adapté aux réalités locales.

Quelles sont les causes de la désertification au Tchad et comment se manifestent-elles ?

Le terme de la désertification désigne « la dégradation des terres dans les zones ari­des, semi-arides et sub-humides sèches par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines ».
Ainsi comprise, la désertification apparaît comme un phénomène dont les causes ren­voient à des facteurs physiques et humains. L’évolution combinée de ces facteurs physiques et sociodémographiques révèle la complexité des processus de dégradation des ressources naturelles.

Les causes de la désertification

Aspects physiques

La dimension physique de la désertification met en jeu plusieurs facteurs dont les plus importants concernent :

Baisse de la pluviométrie

A l’instar des autres pays sahéliens, le Tchad a connu une forte baisse de la plu­viométrie qui s’est traduite par une translation des isohyètes vers le sud. Le volume des précipitations a globalement diminué et la répartition des pluies dans l’espace a connu une forte irrégularité. Les causes de cette péjoration climatique sont liées aux changements globaux survenus dans le climat de la terre, du fait de l’effet de serre.

Erosion hydrique

Un décapage prononcé des sols entraînés par de fortes précipitations est observé au Tchad. Sous l’effet des gouttes de pluie et des eaux de ruissellement, l’horizon superficiel des sols disparaît, tandis que se forment des rigoles qui s’élargissent et donnent naissance à des « bad lands » impropres à l’agriculture.

Aspects humains

Croissance démographique

En 1964, le pays comptait trois millions deux cent cinquante quatre mille (3 254 000) habitants. La population est passée à sept millions cinq cent mille (7 500 000) ha­bitants et avoisine actuellement les huit millions (8 000 000). Ce doublement de la population en trente huit (38) ans a entraîné entre autre une extension des ter­res de culture.

Le Tchad, comme beaucoup de pays africains, n’échappe pas au phénomène de macrocéphalie ca­ractéristique de l’urbanisation de l’Afrique fortement influencée par un exode rural massif en direction principalement de la capitale.

Situation du secteur

Le lac Tchad, réduit à 3250 km² actuellement, avait une superficie variante entre 13 000 et 25 000 km² avec une profondeur moyenne inférieure à 4 m, à l’altitude de 282 m a donc occupé jadis la presque tota­lité de la cuvette tchadienne, d’abord à une altitude de 400 m lors de la période ancienne très humide, puis à 320 m lors de la période moins humide.
A la suite de l’assèchement progressif du climat au cours de l’époque préhistorique et historique, le ré­seau hydrographique s’est réduit à sa forme actuelle. Le lac Tchad n’est plus alimenté que par le système Chari-Logone qui fournit 98% de ses eaux, le reste provient d’apports camerounais ou nigérians.
Ainsi, nous constatons qu’au cours du siècle passé, le lac Tchad a progressivement régressé (voir figure 1). Si rien ne se fait rapidement, il disparaîtra purement et simplement au prochain siècle.

Au niveau agricole, depuis 1950, en même temps que 22 000 hectares de polders isolés, dont 15 000 hectares actuellement, des variétés de blé tendre en provenance d’Algérie étaient introduites. Les maraî­chers cultivaient des choux-fleurs, de pommes de terre. Ces produits étaient achetés par SODELAC (Société pour le développement du lac) et acheminés à la capitale. Ce commerce était très florissant.

La stratégie du projet

La stratégie proposée prévoit une démarche associant la population aux activités avant le début des tra­vaux, pendant les travaux et après les travaux. Les populations doivent prendre en charge diverses res­ponsabilités. Suite à une prise de conscience concer­nant l’importance des problèmes de reboisement, suscité par la sécheresse qui a for­tement touché le lac Tchad, il faut pouvoir surtout un renforcement considérable de volets de sensibilisation et d’animation, de poursuite de formation des cadres. Pour ce faire, un spécialiste de formation rurale s’impose.
Dans les villages des entretiens libres doivent être menés avec des adultes, des chefs de village et de jeunes présents sur les lieux, une attention particulière doit être prêtée aux entretiens avec les vieux (sages) des régions, soit seuls, parfois ensemble en pe­tits groupes, sans oublier les femmes.

2. Animation

Objectifs généraux

1. Promouvoir un développement participatif (« intéresser le villageois à son propre développement »).
2. Campagne d’information préalable pour expliquer le projet et demander la partici­pation des popula­tions.
3. Atténuer les effets de sécheresse sur la vie des populations du lac Tchad.
4. Créer des systèmes locaux d’animation (comité d’animation).
5. Assurer la sécurité et l’autosuffisance alimentaire.
6. Améliorer les revenus des familles.

Qu’entendons-nous par animation ?

Par l’animation, au cours du travail de vulgarisation
Les personnes sont stimulées à agir elles-même.
Les personnes sont rassemblées dans des organisations existantes ou nouvel­les afin de résou­dre des problèmes en commun.
Cette définition s’appuie sur des formes connues de l’animation
L’animation en tant que stratégie pour le développement socioéconomique, s’est fait connaître sous deux formes :Animation Rurale (AR) en Afrique occidentale et Community Development (CD) aux Indes.
L’animation en tant qu’intermédiaire entre les populations rurales et les services publics existants :Le service de vulgarisation aide la population à reconnaître et à faire valoir ses prétentions légales vis-à-vis d’instructions publiques.
L’animation socioculturelle est utilisée avant tout dans les domaines des loisirs, du travail des jeu­nes, de la santé, de l’action sociale, du logement et de l’environnement. Grâce à elle, les gens sont appelés à revoir leurs comportements propres, à participer à des décisions communes et à exécuter ensemble des projets et des actions.
L’animation en tant qu’animation rurale a comme objectif d’augmenter, dans des organisations exis­tantes, la capacité de résoudre un problème. De ce fait, on perfectionne aussi bien des per­sonnes qui travaillent dans l’organisation que l’on adapte les structures de l’organisation aux exi­gences nouvelles.

Comité d’animation / CVD formé

Constitution d’un comité d’animation de 6 personnes pour chaque village dont 3 surveillants d’entretien des plants.
Contrat de développement passé

« Contrat de développement signé par le CVD ou comité d’animation précisant les engagements des villageois » (voir un exemplaire en annexe).

3. Objectifs de formation

Promouvoir la formation technique et la formation en gestion.
La formation des adultes promouvoit l'Épanouissement spirituel - moral des humains.
La formation des adultes transmet À l'homme des comprÉhensions et des capacitÉs nouvelles; de ce fait, il sera capable d'agir d'une maniÈre nouvelle.
La formation des agents passe non seulement par une formation technique mais aussi par une formation en gestion pour qu’ils puissent devenir des micro-entrepre­neurs polyvalents, capables de prospecter un marché et de concevoir de nouveaux produits et services, à calculer leur prix de revient, à facturer leur travail et à récupé­rer les paiements dus. On peut envisager la formation dans plusieurs domaines : fa­brication d’arrosoirs et d’outils de maraîchage, production de semence et de boutu­res.
Nous pensons former nos premiers agents agricoles, forestiers et agents d’animation très probablement au service régional de vulgarisation agricole. Cette formation leur permettra d’intervenir très efficacement auprès des paysans lors de leur sensibilisa­tion, de l’animation et du reboisement et, plus tard, sur la gestion de l’économie agri­cole. Les formations dureront deux (2) ans. Une fois leur formation terminée, ils pour­ront à leur tour former les paysans.
Nous comptons, dans la mesure du possible, former les mêmes agents agricoles, fo­restiers et d’animation dans chaque représentation (Niger, Nigeria, Cameroun et Tchad).

Nature de la formation

La formation se déroule continuellement. L’homme se forme au contact de son en­tou­rage et avec ses relations. De ce fait, il adopte des habitudes, des connaissances et des échelles de valeurs. Selon qu’il s’agit de formation « interne » ou « externe », nous parlons de l’épanouissement de l’homme (prise de conscience) ou de l’acquisition de savoir et savoir-faire (formation orientée sur l’action). Bien que ces zones ne puissent pas être prises en considération indépendamment l’une de l’autre, nous voudrions les distinguées par la suite du sujet.
La formation façonne en vue d’un objectif, elle est donc liée à une certaine idéologie, à une certaine tour­nure d’esprit. Cela veut dire aussi que la formation des adultes — comme au fond toute autre activité — agit ou d’une manière approbative encoura­geante ou bien d’une manière négative-combattante par rap­port aux échelles de va­leurs dominantes.
Ce qui est important avant tout c’est que le formateur d’adultes ait conscience de sa propre échelle de valeurs. Ceci lui permet de reconnaître et d’accepter les attitudes différentes de ses partenaires.
Particularité de la formation des adultes
Les différences dans le comportement, pendant les études, entre les enfants et les adultes ne sont pas vues par la science sociale comme des différence de nature, mais comme des phases de développement de l'homme et des circonstances de la vie qui y sont attachées.

Caractéristiques de l'adulte qui apprend

Les adultes se trouvent dans des situations concrètes de la vie:
ils apprennent en fonction d'un objectif, ils sont orientés selon le problème, pen­sent à l'application; une comparaison des performances à l'intérieur du groupe d'études n'est pas essentielle.
Les adultes disposent d'un fond d'expérience:
il faut faire concorder les informations nouvelles avec les attentes et les expé­riences.
Les adultes sont plus murs, se sentent plus responsables:
ils veulent décider eux-mêmes au sujet de leur perfectionnement.
Les adultes participent volontairement aux réunions de formation:
en conséquence les exigences sont élevées en matière de contenu, de méthode et de relation avec la pratique.
En partant de ces caractéristiques, on arrive à définir les désirs de l'adulte qui apprend:
l'adulte veut choisir librement les objectifs des études ou veut pouvoir participer à leur évaluation ;
l'adulte veut que l'on s'adresse à lui au niveau de sa compétence et de son expérience ;
l'adulte veut pouvoir établir une relation claire par rapport à sa pratique ;
l'adulte veut participer activement aux manifestations (poser des questions, mener des discussions, apporter des expériences).

L'adulte est le sujet et non l'objet de la formation des adultes.

La formation des adultes se déroule sous différentes formes:
depuis les groupes clairement structurés (université populaire, séminaire, cours) jusqu'aux associa­tions informelles d'étude de formation et d'épanouissement (théatre, discussions, propos de table) en passant par des formes liées aux médias (ra­dio, télévision, journaux).
Dans ce qui suit, nous nous limitons à la formation des adultes à l'intérieur de groupes structurés.

Cours / stage de perfectionnement

Les cours et les stages de perfectionnement sont destinés à la transmission de con­naissances fonda­mentales dans les domaines techniques spéciaux, de capacités et de savoir faire ; ils conviennent aussi à un échange d’expérience dirigé.

4. Technique de reboisement

L’objectif de TCHAPE, à moyen et long termes, est la campagne de reboisement dans la région du lac Tchad afin de freiner l’avancée du désert.

Cette campagne peut se traduire par :

Le reboisement des berges du lac Tchad. Ceci sur une largeur de 12,5 m et sur toute la longueur du côté tchadien. Cette action peut servir de projet pilote qui pourrait se généraliser progressivement sur toute la superficie du lac Tchad.Pour le reboisement de protection des berges, les plants seront disposés en quin­conces sur cinq (5) rangées, espacés de 2,5 m. Le choix de cette technique de plantation nous paraît être la meilleur parce qu’elle peut stopper l’avancée du sable d’une part et d’autre casser la vitesse du vent .
Les plantations des arbres tout autour des champs .
Semés direct et plantations de zones déboisées ; création des plantations communautaires pour satis­faire le besoin des popula­tions en matière de bois de chauffage et bois de service.
Pour la fourniture des plants, pour les différents reboisements et plantations, la création de pépinières est envisageable dans différentes zones. La production des plants frui­tiers ne sera pas oubliée. Le choix des espèces à planter sera discuté avec les popu­lations concernées.
L’entretien et le suivi de ces plantations doivent occuper une place de choix pour la réussite de ces ac­tions.

Approche intégrée

L’intégration dans le projet des activités de sensibilisation, d’animation et d’éducation est un aspect positif et va permettre une formation des membres du comité villageois de développement communautaire, d’animation rurale, de l’éducation sanitaire des po­pulations et la promotion des jardins maraîchers.

Système d’entretien

Nous préconisons de créer un système entrepreneurial, géré par les communautés. Les activités d’animation vont jouer un rôle important dans l’intégration de la production maraîchère dans la vie des communautés et vont exploiter toutes les potentialités de ces communautés pour prendre en main leur propre développement grâce à l’accord à l’animation, l’importance nécessaire dans les structures, dans la répartition des res­sources, dans l’organisation des travaux et dans les prises de décision.

Les démarches de l’animation

Notre approche est cette dynamique propre qui vise la prise en charge de son propre développement par la population. Dans ce cas c’est la population qui identifie les pro­blèmes, réfléchit sur les moyens de les résoudre, s’organise pour mettre en œuvre les solutions, bénéficie de la formation nécessaire et négocie avec les opérateurs écono­miques externes de ressources supplémentaires.
Il s’agit d’un processus dans lequel l’appui à l’auto organisation doit se poursuivre, quels que soient les événements, où les autres activités venant se greffer dessus.

Conclusion

La protection des berges du lac Tchad qui revêt une importance particulière pour le Tchad et les pays riverains, constitue un problème très complexe dont la solution de­mandera des moyens matériels, finan­ciers et administratifs considérables tant pour l’intervention directe (réalisation du reboisement) que, pour l’intervention indirecte (aménagements agricoles). L’action psychologique est primordiale, car rien de cons­tructif ni de durable ne peut être réalisé au bénéfice des populations riveraines sans leur consente­ment et leur participation effective.

Représentants du Tchad :
No de dossier
Groupe ou village Commune
Sous-Préfecture

CONTRAT DE CVD

Il est passé entre le comité villageois du groupement ou village et le TCHAPE, un con­trat défini ci-après :
Le TCHAPE s’engage à :
Assurer le stockage et l’acheminement des pépinières au profit du CVD et à fournir la main d’œuvre d’encadrement pour la sensibilisation, l’animation et une somme de deux cents (200) frs CFA (prix de l’an 2002, peut évoluer avec le temps) par pépinière plan­tée.
Les villageois s’engagent à :
Désigner un comité villageois de développement composé de deux (2) agents chargés de sensibilisation et de vulgarisation, deux (2) agents forestiers de l’animation, deux (2) agents de surveillance.Fournir la main d’œuvre pour les agents précités (planter, arroser, surveiller et entrete­nir les pépinières).
Le présent contrat est approuvé par l’assemblée villageoise qui s’engage formellement à respecter ses engagements.

Fait en 3 exemplaires à ………………………………… le ………………………………….

Chef de groupe ou village : Le président du comité : Représentant TCHAPE :

…………………………….. ………………………… …………………………..

Vu pour accord : Le maire : Le sous-Préfet :
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